Grand spécialiste de la guitare classique, Philippe MOURATOGLOU forme en compagnie du contrebassiste Bruno CHEVILLON et du batteur Ramon LOPEZ l’un des trios les plus passionnants et atypiques de la scène jazzistique contemporaine. Développant à travers des formes sophistiquées résolument ouvertes aux sortilèges de l’improvisation une musique puissamment organique et “fusionnelle”, les trois musiciens explorent avec sensibilité toutes les potentialités expressives induites par leur choix d’une formation entièrement acoustique. Passant de longues séquences atmosphériques aux miroitement féériques à d’intenses poussées de fièvre faisant émerger du magma collectif des discours solistes constamment inspirés, leur musique la fois lyrique, abstraite et sensualiste est une des plus stimulantes du moment.
Philippe MOURATOGLOU (Guitares)
Formé par Wim Hoogewerf, Roland Dyens et Pablo Marquez, Philippe MOURATOGLOU a développé une approche caractérisée par son ouverture instrumentale (guitares classique, électrique, folk 6 et 12 cordes, guitare baryton) et stylistique.
Interprète, improvisateur et compositeur, il collabore avec des musiciens et ensembles de tous horizons.
Il aborde ainsi la création contemporaine avec les ensembles Linea et Alma Viva, les grands concertos pour guitare avec l’Orchestre Mozart de Toulouse et l’Orchestre philharmonique de Strasbourg.
Il forme depuis 2009 un duo avec la soprano Ariane Wohlhuter, consacré à John Dowland, Benjamin Britten et Dusan Bogdanovic
Parallèlement, Philippe Mouratoglou fonde en 2012 le label Vision Fugitive, sur lequel il initie des projets transversaux, tels qu’une relecture du répertoire du bluesman Robert Johnson, un récital solo qui présente sous le même toit Egberto Gismonti et Toru Takemitsu, une participation au quartet de Jean-Marc Folz ou encore un duo avec Pedro Soler, sans oublier, bien sûr, le trio avec Ramon et Bruno qui vient de publier son troisième album.
Bruno CHEVILLON (Contrebasse)
Après avoir suivi l’enseignement de contrebasse classique de Joseph Fabre au conservatoire d’Avignon, Bruno Chevillon fait ses débuts dans le jazz en suivant la classe d’André Jaume, puis intègre le collectif lyonnais ARFI où il fera une rencontre déterminante : celle de Louis Sclavis. Bruno Chevillon est ensuite associé à une grande partie des projets du clarinettiste.
Outre sa longue collaboration avec ce dernier, le contrebassiste joue avec les acteurs principaux du jazz avant-garde et des musiques improvisées : Marc Ducret, Claude Barthélemy, Stéphan Oliva, François Corneloup, François Raulin, Joey Baron, Elliott Sharp, etc.
Essentiellement sideman, Bruno Chevillon s’épanouit toutefois aussi en solo, notamment dans son spectacle sur Pier Paolo Pasolini. La musique contemporaine fait aussi partie de son travail. Bruno Chevillon possède de grandes qualités d’instrumentiste : vélocité, précision et justesse peu commune. Son intelligence musicale fait de lui un contrebassiste majeur de la scène jazz européenne
Ramon LOPEZ (Batterie, percussions)
Autodidacte, Ramon LOPEZ débute à la batterie dans des groupes de rock dans les années 1970. Il s’oriente alors vers le jazz puis quitte son pays, l’Espagne, en janvier 1985, pour s’installer à Paris où il se fait bientôt connaître sur la scène expérimentale.
Il enregistre plusieurs albums dans les années 1990 avec François Cotinaud.
En parallèle, il entreprend l’étude des percussions indiennes et plus spécifiquement des tablas. Il suit l’enseignement de Krishna Govinda K.C. puis de Sri Subhankar Banerjee et sera professeur de musique indienne au CNSM de Paris de 1994 à 2001. Il se passionne également pour le flamenco, introduit un cajón – en plus des tablas – dans son set de batterie.
Homme de collaborations au long cours, Ramón López allie souvent travail et relations amicales. Il en résulte une somme de parcours croisés où l’on retrouve des partenaires fidèles au fil du temps. Ainsi le retrouve-t-on fréquemment en compagnie de Didier Levallet, Bruno Angelini, Sophia Domancich, Joelle Léandre, Paul Rogers, Daunic Lazro, Noêl Akchoté et Barry Guy. Outre ses projets en solo (dont le dernier, 40 printemps, chez Rogue Art, est de toute beauté), on a pu également l’apprécier au sein du trio de Joachim Kuhn avec Majid Bekkas.
Influencé à la fois par Max Roach et Tony Williams, et mêlant à ces origines jazz une profonde connaissance des traditions indienne et flamenca, Ramón López est un batteur foisonnant et inventif, extrêmement respecté dans le monde des musiques improvisées.
